L’exposition au plomb lors des travaux reste une problématique majeure dans le secteur du bâtiment. À l’occasion de la publication récente du dépliant ED 6558, l’INRS alerte sur les dangers persistants liés à ce métal toxique, encore largement présent dans de nombreux ouvrages anciens. Focus sur un risque professionnel qui concerne des milliers d’ouvriers.
Contrairement aux idées reçues, le plomb n’a pas disparu des chantiers. Il est encore fréquemment présent dans les peintures anciennes, les canalisations ou certains éléments de structure. Les travaux de rénovation, de perçage ou de décapage peuvent libérer des poussières invisibles mais dangereuses. Ces particules contaminent facilement l’air ambiant et les surfaces, exposant ainsi différents corps de métier : peintres, électriciens, plombiers ou encore couvreurs. L’exposition peut se faire par inhalation ou ingestion, notamment via les mains souillées.
Le plomb est un toxique cumulatif. Une fois dans l’organisme, il peut s’y accumuler pendant plusieurs années, notamment dans les os. Ses effets sur la santé sont multiples : troubles neurologiques, atteintes rénales, hypertension ou encore anémie. Même à faibles doses, les impacts peuvent être significatifs. Le risque est également avéré pour la reproduction, avec des conséquences possibles sur la fertilité ou le développement du fœtus. Face à ces dangers, un suivi médical spécifique est recommandé, incluant notamment des analyses de la plombémie pour évaluer le niveau d’exposition.
Pour limiter les risques, l’INRS insiste sur l’importance des mesures de prévention. Cela passe d’abord par l’identification des matériaux contenant du plomb avant travaux. Ensuite, des dispositifs techniques doivent être mis en place : captage des poussières à la source, travail en milieu confiné ou nettoyage adapté.
Les équipements de protection individuelle (gants, masques, combinaisons) sont indispensables, tout comme le respect de règles d’hygiène strictes : ne pas manger sur le chantier, se laver soigneusement et éviter de ramener des poussières à domicile. Enfin, la prévention vise aussi à protéger l’entourage des travailleurs. Car au-delà du chantier, le risque de contamination indirecte reste une réalité à ne pas négliger.